Vous devez raccorder un tube PER sur une installation en cuivre et vous hésitez sur la bonne méthode, le matériel ou les normes à respecter ? Ce guide vous donne d’abord la réponse opérationnelle, puis détaille, étape par étape, les solutions possibles, leurs avantages, leurs limites et les erreurs fréquentes. Vous pourrez ainsi choisir le bon raccord, travailler en sécurité et éviter les fuites sur votre réseau d’eau.
Choisir la bonne solution pour raccorder PER sur cuivre

Avant de sortir les outils, il est essentiel de comprendre quelles options existent pour relier un tube PER à un tube cuivre. Selon votre installation, votre budget et votre niveau en bricolage, certaines solutions seront plus adaptées que d’autres. Cette partie vous aide à faire le bon choix dès le départ pour un raccordement durable et conforme.
Comment sélectionner le bon type de raccord pour liaisons PER / cuivre ?
Le choix du type de raccord dépend avant tout du diamètre de vos tubes. Les diamètres courants pour le PER sont 12, 16 et 20 mm, tandis que le cuivre utilise généralement les diamètres 10, 12, 14 et 16 mm. Vous devrez vérifier que le raccord correspond précisément à ces dimensions pour garantir l’étanchéité.
La pression de service est également un critère clé. Pour une installation domestique classique, la pression varie entre 3 et 6 bars. Les raccords destinés au chauffage central doivent supporter des pressions plus élevées, jusqu’à 10 bars dans certains cas. Vérifiez toujours les indications du fabricant sur la pression nominale maximale.
L’accessibilité du point de raccordement influence aussi votre choix. Dans un espace difficile d’accès, un raccord à sertir sera préférable car il ne nécessite aucun resserrage ultérieur. À l’inverse, dans un regard ou sous un lavabo, un raccord à compression démontable facilite les interventions futures.
Comparer raccord à sertir, raccord à compression et raccord rapide
Les raccords à sertir offrent la meilleure fiabilité sur le long terme. Une fois sertis avec la pince adaptée, ils créent une liaison permanente qui résiste aux vibrations et aux variations thermiques. Leur principal inconvénient reste l’investissement dans une pince à sertir, dont le prix varie entre 80 et 300 euros selon les modèles.
| Type de raccord | Avantages | Inconvénients | Prix unitaire |
|---|---|---|---|
| À sertir | Très fiable, permanent, résiste aux contraintes | Nécessite une pince spécifique, non démontable | 3-8 € |
| À compression | Accessible, démontable, pas d’outil spécial | Serrage délicat, peut se desserrer | 4-10 € |
| Rapide (push-fit) | Installation simple et rapide, démontable | Plus cher, sensible au bon positionnement | 8-15 € |
Les raccords à compression conviennent parfaitement au bricoleur occasionnel. Ils se composent d’un corps, d’un écrou et d’une bague (olive) qui vient comprimer le tube lors du serrage. L’essentiel est de ne jamais forcer excessivement au risque d’écraser le tube PER.
Les raccords rapides séduisent par leur facilité d’installation : il suffit d’enfoncer le tube jusqu’à entendre un clic. Ils intègrent des joints toriques et une bague de blocage interne. Attention toutefois, certains modèles ne sont pas compatibles avec l’eau chaude au-delà de 60°C.
Quand privilégier un raccord mixte PER cuivre plutôt qu’une autre solution ?
Les raccords mixtes sont spécifiquement conçus pour la transition entre PER et cuivre. Ils intègrent d’un côté une connexion adaptée au PER (avec insert et sertissage ou compression) et de l’autre un raccord femelle ou mâle fileté compatible avec le cuivre. Cette conception évite les adaptations artisanales qui fragilisent l’installation.
En rénovation, quand vous conservez une partie du réseau cuivre existant tout en ajoutant du PER, ces raccords sont incontournables. Par exemple, lors du remplacement d’un radiateur, vous pouvez garder les arrivées cuivre murales et les relier au nouveau circuit PER avec des raccords mixtes.
Ces raccords prennent aussi en compte les différences de dilatation entre les deux matériaux. Le cuivre se dilate de 0,017 mm par mètre et par degré, contre environ 0,14 mm pour le PER. Cette différence peut créer des contraintes importantes sur un raccord inadapté, conduisant à des micro-fissures.
Comprendre les spécificités techniques du PER et du cuivre

Pour réussir un raccord PER sur cuivre, il ne suffit pas de serrer un écrou ou de clipser un raccord. Chaque matériau réagit différemment à la chaleur, à la pression et à la dilatation, ce qui impose quelques règles à respecter. En assimilant ces particularités, vous réduisez les risques de fuite prématurée ou de détérioration du réseau.
Différences de comportement entre tube PER et tube cuivre sous contrainte
Le cuivre présente une rigidité remarquable et conserve sa forme même sous forte pression. Il supporte sans problème des températures jusqu’à 250°C, ce qui le rend adapté à tous les usages domestiques. Sa stabilité dimensionnelle est quasi nulle, il ne se déforme pas avec le temps.
Le PER, en revanche, est un matériau souple qui facilite la pose mais demande des précautions. À chaque montée en température, il se dilate de manière significative. Sur une longueur de 10 mètres et une élévation de 50°C (passage d’eau froide à eau chaude), le PER peut s’allonger de 7 cm environ.
Cette dilatation différentielle sollicite fortement le raccord. Sans insert rigide dans le PER, le tube pourrait se déformer au point de raccordement, compromettant l’étanchéité. C’est pourquoi l’utilisation d’une bague de renfort (insert) à l’intérieur du PER est systématiquement obligatoire sur les raccords à compression et recommandée sur certains systèmes à sertir.
Quel rôle jouent diamètre, pression et température dans le choix des raccords ?
Le diamètre nominal conditionne directement le débit disponible. Un tube PER de 12 mm permet un débit d’environ 0,3 litre par seconde, suffisant pour un point d’eau unique. Pour alimenter plusieurs équipements simultanément, on passe au 16 mm (0,6 L/s) voire au 20 mm (1 L/s).
La pression de service impose des contraintes sur les raccords. Une pression excessive peut provoquer le fluage du PER, c’est-à-dire sa déformation lente mais irréversible. Les raccords doivent donc être dimensionnés pour supporter non seulement la pression nominale mais aussi les pics transitoires (coups de bélier) qui peuvent atteindre 10 à 15 bars.
Concernant la température, tous les raccords ne se valent pas. Un raccord prévu pour l’eau froide (marquage PN10) ne supportera que 20°C en continu. Pour l’eau chaude sanitaire à 60°C, privilégiez des raccords certifiés PN16. Pour le chauffage central fonctionnant à 80-90°C, il faut des raccords PN20 ou PN25 avec certification spécifique chauffage.
Compatibilité des raccords PER cuivre avec les réseaux sanitaires et chauffage
Les réseaux sanitaires d’eau froide sont les moins contraignants. Presque tous les types de raccords conviennent, à condition de respecter les diamètres et la pression. Vous pouvez utiliser sans souci des raccords rapides ou à compression standards.
Pour l’eau chaude sanitaire, la situation se complique. La température peut atteindre 65°C en sortie de ballon, voire 70°C en cas de choc thermique anti-légionellose. Les raccords doivent porter la mention ECS (Eau Chaude Sanitaire) et afficher une résistance thermique adaptée. Les joints toriques, notamment, doivent être en EPDM plutôt qu’en caoutchouc standard.
Les circuits de chauffage central imposent les exigences les plus strictes. Non seulement la température est élevée en permanence, mais le fluide caloporteur contient souvent des additifs (inhibiteurs de corrosion, antigel). Seuls les raccords certifiés NF chauffage ou portant la mention BAR (Barème chauffage) garantissent une tenue dans le temps. Vérifiez systématiquement la présence du marquage DTU 65.10 pour une conformité totale.
Méthodes pratiques pour raccorder un tube PER sur un tube cuivre
Une fois le bon système choisi, reste à réaliser concrètement le raccordement entre le PER et le cuivre. Les étapes à respecter varient selon que vous utilisez un raccord à sertir, un raccord à compression ou un raccord rapide. Cette partie détaille la marche à suivre, avec un focus sur la préparation des tubes, la mise en place du raccord et les contrôles indispensables.
Raccorder PER sur cuivre avec raccord à compression pas à pas
Commencez par couper proprement vos tubes. Pour le cuivre, utilisez un coupe-tube à molette qui garantit une coupe nette et perpendiculaire. Évitez la scie à métaux qui laisse des bavures et risque d’ovaliser le tube. Pour le PER, un coupe-tube spécifique ou des ciseaux dédiés sont indispensables pour obtenir une coupe franche.
Ébavurez soigneusement l’intérieur du tube cuivre avec un alésoir. Les bavures résiduelles peuvent endommager les joints et provoquer des fuites. Sur le PER, vérifiez que la coupe est bien perpendiculaire, sans écrasement du tube.
Insérez l’insert de renfort dans le tube PER jusqu’en butée. Cet insert rigide empêchera le PER de se déformer sous la pression de l’olive. Enfilez ensuite l’écrou du raccord sur le tube, puis glissez la bague (olive) conique.
Emboîtez le tube PER sur le corps du raccord mixte jusqu’à ce qu’il bute contre l’épaulement interne. Rabattez l’olive contre le corps et vissez l’écrou à la main jusqu’au contact. Serrez ensuite avec une clé plate d’un tour à un tour et demi maximum. Un serrage excessif écrase le PER et compromet l’étanchéité.
Utiliser un raccord à sertir mixte PER cuivre en respectant les normes en vigueur
Le sertissage demande une pince compatible avec le profil de bague utilisé. Les profils TH, U, H ou V correspondent à des standards différents selon les fabricants. Vérifiez que votre pince possède la mâchoire adaptée au diamètre et au profil du raccord choisi.
Calibrez le tube PER avec un calibreur pour lui redonner sa forme parfaitement circulaire après la coupe. Cette étape est souvent négligée mais cruciale : un tube ovalisé ne permettra pas un sertissage homogène. Ébavurez également l’extrémité avec un chanfreineur pour faciliter l’insertion.
Enfilez la bague de sertissage sur le PER, puis emboîtez fermement le tube sur le corps du raccord. Certains raccords disposent d’un témoin visuel (trait de contrôle) pour vérifier la bonne profondeur d’insertion. Positionnez la bague exactement dans la zone prévue, généralement indiquée par un marquage sur le raccord.
Placez les mâchoires de la pince perpendiculairement au tube, centrées sur la bague. Actionnez la pince jusqu’au déblocage automatique qui confirme le sertissage complet. Ne relâchez jamais la pince avant ce déblocage, au risque d’obtenir un sertissage partiel et non étanche.
Pour la connexion côté cuivre, le raccord mixte propose généralement un filetage femelle. Appliquez un peu de pâte à joint ou de ruban PTFE sur le filetage mâle du tube cuivre (ou du raccord cuivre), puis vissez fermement sans forcer exagérément. Trois à quatre tours de PTFE suffisent pour garantir l’étanchéité.
Raccorder un tube PER sur un tube cuivre avec un raccord rapide démontable
Les raccords rapides exigent une coupe parfaitement droite et un nettoyage méticuleux. Toute trace d’huile, de poussière ou de bavure compromettra l’étanchéité des joints toriques internes. Utilisez un chiffon propre imbibé d’eau savonneuse pour nettoyer les extrémités.
Marquez la profondeur d’insertion sur le tube à l’aide d’un crayon, en vous référant aux indications du fabricant (généralement entre 15 et 20 mm selon le diamètre). Cette marque vous permettra de vérifier visuellement que le tube est bien enfoncé jusqu’en butée.
Pour insérer le tube, maintenez le raccord d’une main et poussez fermement le tube de l’autre jusqu’à sentir une résistance puis un clic caractéristique. Ce clic indique que la bague de blocage interne s’est enclenchée. Tirez légèrement sur le tube pour vérifier qu’il est bien verrouillé.
Sur certains modèles, une bague de couleur (souvent bleue ou rouge) devient visible quand le raccord est correctement assemblé. Si cette bague reste cachée, le tube n’est pas suffisamment enfoncé. Recommencez l’opération en vérifiant qu’aucun obstacle (bavure, déformation) n’empêche l’insertion complète.
Attention aux limites d’usage : la plupart des raccords rapides ne supportent que 10 bars maximum et 90°C. Ils ne conviennent donc pas à tous les circuits de chauffage, notamment ceux fonctionnant à haute température ou sous pression élevée.
Sécuriser, tester et pérenniser votre raccord PER cuivre
Une liaison PER cuivre bien réalisée doit rester étanche dans le temps, même en cas de variations de température ou de pression. Au-delà du simple montage, quelques vérifications et bonnes pratiques permettent d’éviter les surprises après remise en eau. Cette dernière partie vous aide à contrôler votre travail, à diagnostiquer un problème et à anticiper la durabilité de l’installation.
Comment vérifier l’étanchéité d’un raccord PER cuivre après la pose ?
Après installation, ouvrez l’arrivée d’eau progressivement pour éviter un coup de bélier qui pourrait fragiliser un raccord mal serré. Laissez la pression monter graduellement et observez attentivement le raccord pendant au moins cinq minutes.
Essuyez soigneusement le raccord avec un papier absorbant sec, puis entourez-le d’une feuille de papier toilette blanche. Cette astuce simple permet de détecter la moindre trace d’humidité qui serait invisible à l’œil nu. Attendez encore cinq minutes et vérifiez que le papier reste parfaitement sec.
Si votre installation le permet, réalisez un test de pression avec une pompe manuelle. Montez à 1,5 fois la pression de service (soit environ 9 bars pour une installation domestique) et maintenez pendant 15 minutes. La pression ne doit pas chuter. Une baisse même minime indique une fuite quelque part dans le réseau.
Pour les circuits de chauffage, effectuez un contrôle à froid puis un second contrôle après mise en chauffe. La dilatation du PER sollicite différemment le raccord, et une fuite peut n’apparaître qu’en température. Laissez le système chauffer à température nominale pendant au moins une heure avant l’inspection finale.
Que faire si un raccord PER cuivre goutte ou présente une microfuite ?
Commencez par identifier précisément l’origine de la fuite. Sur un raccord à compression, elle provient généralement d’un serrage insuffisant ou excessif. Coupez l’eau, desserrez complètement le raccord et vérifiez que l’insert est bien en place dans le PER et que l’olive n’est pas déformée.
Si l’olive présente des traces d’écrasement anormal ou des fissures, remplacez-la impérativement. Une olive endommagée ne retrouvera jamais son étanchéité. Profitez-en pour vérifier que le tube n’est pas ovalisé à l’endroit du raccordement.
Lors du remontage, respectez scrupuleusement le couple de serrage. Sur un raccord 12 mm, un tour et quart après le contact suffit généralement. Sur du 16 ou 20 mm, on peut aller jusqu’à un tour et demi, mais jamais au-delà. Utilisez deux clés pour éviter de tordre le tube : une pour maintenir le corps du raccord, l’autre pour serrer l’écrou.
Pour un raccord à sertir qui fuit, le problème est plus sérieux. Cela signale généralement un sertissage incomplet ou mal positionné. La seule solution consiste à couper le tube, retirer le raccord défectueux et recommencer l’opération avec un nouveau raccord. Un sertissage ne se rattrape jamais.
Sur un raccord rapide défaillant, vérifiez que le tube est bien enfoncé jusqu’en butée et que la bague de verrouillage est enclenchée. Si la fuite persiste malgré un positionnement correct, les joints toriques sont probablement endommagés. Démontez le raccord en appuyant sur la bague de déverrouillage, inspectez les joints et remplacez le raccord si nécessaire.
Bonnes pratiques pour prolonger la durée de vie des raccords PER cuivre
Ne jamais enterrer ou encastrer des raccords démontables (compression ou rapides) sans prévoir un regard de visite. En cas de fuite ultérieure, vous seriez obligé de casser le sol ou le mur pour intervenir. Réservez les raccords à sertir pour les zones inaccessibles, car ils offrent une fiabilité à très long terme.
Protégez le PER des rayons UV en le recouvrant systématiquement dans les zones exposées au soleil. Les ultraviolets fragilisent le polyéthylène et peuvent provoquer des microfissures au niveau des raccords. Utilisez une gaine de protection ou de la peinture spéciale si le tube reste apparent en extérieur.
Maintenez les tubes correctement fixés avec des colliers tous les 50 cm environ. Un tube qui vibre ou se balance sollicite inutilement le raccord et peut causer une rupture à terme. Sur les circuits de chauffage, prévoyez des points fixes et des compensateurs de dilatation sur les grandes longueurs (au-delà de 10 mètres).
Contrôlez visuellement vos raccords une fois par an, particulièrement ceux situés dans les zones accessibles comme sous les éviers ou dans les placards techniques. Recherchez les traces de calcaire qui trahissent un suintement ancien, les auréoles d’humidité ou les traces de corrosion sur les parties métalliques.
Enfin, notez systématiquement sur un plan l’emplacement et le type de chaque raccord installé. Cette cartographie s’avérera précieuse lors de futures interventions et facilitera le diagnostic en cas de problème. Photographiez également vos installations avant de les dissimuler, ces images constitueront une documentation technique utile pour les années à venir.
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